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Protestation des lycéens Le mouvement s'essouffle Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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21-01-2008

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Les lycéens de la ville d'Alger ont battu le pavé, hier. Ils sont sortis dans la rue pour demander l'allègement du programme scolaire, et plus particulièrement, celui des classes de la terminale.

Les élèves de plus de 17 lycées d'Alger se sont rassemblés, tôt dans la matinée d'hier, près de la Faculté centrale pour entamer une marche. Mais, aussitôt rassemblés, les élèves, qui scandaient des slogans contre « le programme chargé », ont été encerclés par un dispositif sécuritaire impressionnant. Ils ont été repoussés petit à petit vers la ruelle Ghar Djebilet, près du lycée Kheireddine Babaaroudj ex-de la croix, non loin de la Faculté centrale.

Les élèves des lycées Amara Rachid, de Bouatoura, Mentouri, El-Mokrani, Okba, l'Emir Abdelkader ainsi que d'autres lycéens qui sont arrivés de Baba Hassen, de Draria et de Zéralda ne décolérèrent pas, tentant, à maintes reprises, de forcer le cordon de sécurité, mais en vain. Une vintaigne de lycéens ont été interpellés et aussitôt relâchés.

Une jeune lycéenne est bousculée par des policiers, mais rien de grave. Les services de sécurité ont tenté vers les coups de 11 h de négocier avec les délégués des lycéens pour les disperser dans le calme. Une voiture de police arrive, à son bord un lycéen, qui a pris un porte-voix pour avertir ses amis qu'il y avait parmi eux des personnes étrangères qui ne sont pas des lycéens et qui se sont infiltrés dans le mouvement. Les lycéens ne se découragent pas et demandent aux policiers de les laisser librement marcher vers le ministère de l'Education. Sur place, ils scandaient sans cesse « on n'est pas des cobayes », en brandissant des banderoles à travers lesquelles, ils dénonçaient la surcharge des programmes scolaires et l'augmentation du nombre des épreuves à passer à l'examen du baccalauréat. Sur les banderoles on pouvait lire « ce nouveau programme menace notre avenir ».

En attendant la réunion de jeudi



Quelques heures plus tard, une autre voiture de police arrive, à son bord une jeune lycéenne qui, elle aussi, prend un mégaphone pour tenter de raisonner les lycéens. « J'invite un délégué de chaque lycée à dialoguer avec les représentants du ministère de l'Education au lycée Bouatoura ». Un cri de la foule lui répond « non ». Les lycéens ont expliqué ce refus par le fait que Benbouzid les a abreuvés de mesures « exaspérantes ». Entre eux, ils tentaient de s'organiser et de maintenir le mouvement grâce aux téléphones portables. Vers la fin de la matinée, les lycéens se sont scindés en plusieurs groupes, chacun d'un lycée, en prenant le chemin de Meissonnier pour monter vers la rue Didouche Mourad. Mais là aussi, la procession est détournée par les policiers et prend le chemin du Telemly. D'autres lycéens, en l'occurrence des communes d'El-Harrach, de Bach Djarah, de Oued Ouchaiyah ont marché jusqu'à la route moutonnière, avant d'être repoussés petit à petit par les services de la police. Les lycéens de Kouba, d'Hussein Dey et de Aïn Naadja ont marché jusqu'à l'ancien siège du ministère de l'Education.

Comment les lycéens sont-ils parvenus à s'organiser et à unifier leur action ? Des élèves du lycée Bouatoura nous expliquent: « tout a été fait à travers les téléphones portables entre amis et connaissances ».

Enfin, à la fin de cette journée de protestation et de ces marches, un des délégués des lycées nous a informés que demain les lycéens reprendront les cours et qu'une réunion entre délégués des lycées aura lieu, jeudi prochain, au lycée Amara Rachid pour «voire claire», a-t-il dit.

Les lycéens d'Oran partagés



A Oran, le mouvement de protestation lancé par les lycéens contre la surcharge des programmes de terminale a perdu de son intensité de la veille, mais ne s'est pas arrêté. La protestation a, en effet, baissé en ampleur, à en juger par le taux faible des lycéens qui ont manifesté hier, à travers des marches ou des rassemblements devant l'Académie. Le mouvement commence à s'essouffler et les protestataires qui maintiennent toujours le mot d'ordre de protestation y vont désormais en rangs dispersés. Une sorte de sentiment de succès, animait cependant la majorité des lycéens protestataires qu'on a approchés, hier, celui d'avoir réussi à faire entendre leur voix légitime, d'avoir orchestré une action commune qui a été couronnée par l'obtention d'un engagement officiel du ministère de l'Education nationale que les sujets d'examens porteront uniquement sur les unités pédagogiques effectivement dispensées.

D'autre part, le dispositif sécuritaire déployé sur la place était plus imposant qu'avant-hier. Les forces de l'ordre qui appréhendaient en fait une escalade de la manifestation ont renforcé leur présence dans le périmètre de la direction de l'Education, transformée par l'événement en un « foyer » de tension, d'autant plus stratégique aux yeux des autorités qu'il est situé à un jet de pierre de plusieurs institutions de l'Etat, dont notamment le siège de la wilaya. Les lycéens, par petits groupes d'une dizaine chacun, se sont attroupés devant l'Académie où ils ont été observés vers les coups de 9h30. Nourri par de petites marches séparées, à partir de plusieurs points de départ épars, le rassemblement - portables aidant - grandissait telle une boule de neige pour atteindre son maximum aux environs de 11h. Y étaient présents des lycéens de plusieurs établissements de la ville d'Oran : lycée Pasteur, Mustapha Heddam (Les Castors), Oussama Ibn Zeïd (Boulanger), Ibn Mehraz Ouahrani (St Eugène), Ben Othmane (Maraval), Mehadji Mohamed El-Habib (Maraval) et les lycées technique El-Khawarismi (Savignon) et Allal Sidi Mohamed (ex-lycée jeunes filles). Les établissements des autres daïras de la wilaya d'Oran n'étaient pas en reste, même si dans ces localités à l'instar d'Aïn El-Turck, Arzew et Boutlélis, la mobilisation des lycéens était partielle et était limitée au boycott des cours, notamment pour les filières Sciences et Mathématiques. Deux principales « tendances » prévalaient chez les lycéens : une tendance à la reprise des cours et une autre à la poursuite de la « grève » jusqu'au 27 janvier. Et entre ces deux tendances, il y a le bloc des « non-grévistes », ceux qui ont continué à assister à leurs cours sans prêter oreille au mot d'ordre. Quant à ceux qui ont boudé provisoirement les classes - et ils sont légion - une partie d'entre eux ont rejoint hier leurs établissements après les éclaircissements et assurances du ministère de l'Education, alors que l'autre partie a décidé de maintenir son mouvement de protestation jusqu'au 27 janvier, donnant ainsi, selon eux, « un délai d'une semaine au ministère pour alléger, d'une manière officielle et effective, les programmes de terminale en en supprimant une partie des unités pédagogiques.

La tension baisse à Constantine



A Constantine, « la protesta » des lycéens des classes de terminale qui a paralysé depuis jeudi denier la majorité des établissements de la ville, nonobstant la grande détermination dont a fait preuve le mouvement, s'est quelque peu « essoufflée », hier, jusqu'à s'éteindre presque complètement en fin de journée. A l'évidence, le flot compact et coloré des marches arrivant de toutes les directions et convergeant vers la direction de l'Education dans le quartier administratif du Coudiat et/où s'installaient chaque jour des rassemblements imposants, qui ont nécessité parfois l'intervention « musclée » des agents de l'ordre, semble s'être tari, laissant place, hier, à un sentiment de malaise parmi les lycéens.

 Et pour cause ! Les lycéens qui ont investi les rues à Constantine, à l'instar de tous ceux qui ont suivi le mouvement dans la plupart des grandes villes du pays, n'ont pas l'impression que leur cri ait été entendu, même si, pour calmer les esprits, un embryon de dialogue semble s'être noué ces dernières 24 heures, entre les délégués des lycées et le directeur de l'Education. A la vérité, s'il est absolument avéré que sur le plan local, il n'y aura pas de réponse audible des responsables du secteur à l'endroit des lycéens, au niveau national, la communication n'est pas meilleure et le contentieux, né de la réforme de l'éducation prônée par le ministère de l'Education, est plus que jamais présent. Qu'ils aient rouvert leurs portes, comme ce fut le cas, hier, pour certains établissements de la ville dont les élèves ont repris les cours, ou qu'ils soient encore désertés pour d'autres, la démonstration de force des lycées à Constantine ne peut être comptabilisée, seulement au chapitre des pertes et profits de l'Education nationale.

 A Jijel, le mouvement de protestation déclenché par les élèves de terminale a touché, hier, sept établissements de l'ensemble de la wilaya. Il s'agit des lycées du 08 mai 1945, Draa, Bouraoui, El-Kendy dans la ville de Jijel et des lycées Ahmed Francis dans la commune de Sidi Abdelaziz et de Dekhli Mokhtar et le nouveau lycée, situé dans le quartier de l'ex-gare, nouvellement inauguré. Les élèves de terminale des établissements de la ville de Jijel ont tenu hier, un rassemblement devant le siège de la direction de l'Education, en signe de protestation contre la surcharge des programmes qu'ils jugent contraignante. Ils ont, par ailleurs, organisé une marche en plein centre-ville. Les services de sécurité ont procédé à l'interpellation de plusieurs dizaines de jeunes manifestants. Les directeurs des établissements dont les élèves sont en grève ont tenu des réunions avec les animateurs de cette protesta.

 
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