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Forum arabe sur l'investissement en Algérie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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21-01-2008

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Au moment où le chef du gouvernement les appelle à dépasser le stade de l'intention et passer à l'acte d'investir, les investisseurs arabes énumèrent un grand nombre de contraintes qui les empêchent de le faire en Algérie.

Abdelaziz Belkhadem a lancé son appel à l'investissement au moment où il visitait l'exposition présentant de grands groupes industriels et d'autres de services en provenance de plusieurs pays arabes. C'était hier à l'hôtel Sheraton - Club des Pins d'Alger en marge du 3e Forum arabe sur l'investissement en Algérie qu'organise pour deux jours le groupe libanais El Iktisad Wal Aamal en collaboration avec le ministère de l'Industrie et de la Promotion de l'investissement (MIPI) et la Chambre algérienne de commerce et d'industrie (CACI). «Il faut dépasser le stade des intentions et passer à l'acte d'investir», a déclaré le chef du gouvernement qui juge le niveau de l'investissement arabe en Algérie - 2%, dit-on - en deçà de ce qui devrait être au regard, avait-il souligné, «des avantages que l'Algérie vous accordent et de ce que vous dites». Il avait en outre indiqué à un investisseur libanais présent dans le stand de Fransabank que «le gouvernement fait de l'emploi sa première priorité par la promotion des PME et PMI».

Cette 3e édition du Forum arabe a été inaugurée hier par le ministre de l'Industrie et de la Promotion de l'investissement, Hamid Temmar, qui rappellera que l'Algérie est en phase d'initier des politiques sectorielles pour la mise en oeuvre de la stratégie industrielle et qu'elle a programmé le développement des industries intermédiaires aux hydrocarbures dans le tourisme, la pêche, les TIC en plus de l'agriculture. La réforme de l'économie est présentée par Temmar comme étant la garantie pour la compétitivité des entreprises algériennes qui pour l'instant «n'ont pas les armes nécessaires pour l'être».

« Il y a d'énormes contraintes pour investir »



Pour la réussir, il faut, dit-il, «réformer le secteur bancaire et financier, régler la question du foncier et assainir le marché». Le ministre fera savoir à l'assistance que le rythme de la privatisation a connu une accélération à partir de 2005 par l'ouverture du capital de 350 entreprises.

100 autres le seront, selon lui, au prochain semestre. Temmar appellera les investisseurs arabes «à aller à l'aventure de l'investissement en Algérie». Dits en arabe, les propos du MIPI prêtent à confusion, à celle de gros risques... Le MIPI travaille avec l'OCDE sur un programme d'initiation à l'assainissement du climat d'investissement.

Avant le ministre, Raouf Abou Zaki, le directeur d'El Iktisad Wal Aamal, a eu à souligner l'importance de faire connaître les potentialités et opportunités d'affaires qu'offre l'Algérie. Un pays, dit-il, «dont la croissance est supposée à 7%». Il liera étroitement le libéralisme à l'investissement. Il sera suivi par le président de l'Union générale des chambres arabes du commerce, de l'industrie et de l'agriculture qui n'hésitera pas à citer les contraintes qui empêchent les investisseurs de se tourner vers l'Algérie. «Les rentrées pétrolières sont importantes, elles permettent d'investir mais il y a d'énormes contraintes pour le faire», a-t-il affirmé en pointant du doigt «les lacunes de la législation en vigueur, il faut l'adapter, il faut permettre plus de transparence et il faut amender les textes réglementaires pour le règlement des litiges commerciaux».

«Parfois l'argent est un problème»



Adnane El Kessar estimera qu'il faut que «la volonté politique permette de sortir du carcan régional pour se placer dans le monde». Il appellera à «un véritable partenariat entre le public et le privé». Il s'appuiera sur l'exemple de l'Union européenne pour expliquer que les pays arabes doivent «faire pareil pour moderniser leurs économies». Pour lui, «pas de place pour les voies nationales étroites, mais il faut oeuvrer pour la constitution de grands pôles industriels parce qu'il n'y a pas de place pour les économies faibles». Les atouts de l'Algérie sont à ses yeux «une croissance de 6% et 100 milliards de dollars de réserves de change».

Contrairement à Abou Zaki qui demande à faire connaître l'Algérie, El Kessar soulignera que «c'est un pays attractif qui présente un large éventail d'opportunités d'investissements». Il profitera de sa présence à la tribune du forum pour appeler à la solidarité avec le Liban. Il demandera aux investisseurs arabes d'aider le Liban à relancer son économie. «Vous pouvez le faire en lançant des initiatives, ce sera la meilleure preuve des Arabes pour aider à rétablir la stabilité du Liban». «Continuez à le soutenir par tous les moyens» leur dira-t-il. «Faites-le aussi pour la Palestine et l'Irak. Unissez vos rangs.» «Intégrez-vous dans l'économie mondiale», lancera-t-il aux hommes d'affaires arabes.

Jacem El Menaï, directeur général et président du conseil d'administration du Fonds monétaire arabe des Emirats, n'y ira pas de main morte pour dénoncer les contraintes qui entravent l'investissement en Algérie. «L'argent ne suffit pas pour investir, parfois même l'argent est un problème parce qu'il faut relever le défi de bien le gérer», a-t-il commencé par dire. Il regrettera la suspension du processus de privatisation du CPA en soulignant «l'opération n'a pas abouti, donc l'Algérie devra déployer des efforts pour réformer son système bancaire et financier». Il note que «l'argent est surtout dans les banques publiques, c'est une très grande problématique». Il demande aussi aux autorités algériennes de permettre à d'autres investisseurs arabes d'investir dans les télécoms. Il semble ne pas être d'accord avec la révision de la loi sur les hydrocarbures parce qu'il lancera que «tout ça pose problème et engendre des entraves».

El Menaï juge le niveau de l'intermédiation bancaire «élevé». Pour lui, «l'Algérie a besoin de clarifier ses options économiques pour en situer les insuffisances et les lacunes tout en faisant attention aux normes et pratiques universelles». Mais, dira-t-il, comme pour mieux se faire comprendre, «en général, dans une période électorale, on ne prend pas de mesures impopulaires».

Alaâ El Afifi, le directeur exécutif de Citadelle Capital - Algérie, une société égyptienne proche d'Orascom, affirmera son intention d'investir dans le secteur du tourisme par la construction d'hôtels. Il plaidera en faveur d'une réforme bancaire en Algérie pour, dira-t-il, lever les contraintes de financement qui se posent aux investisseurs. «On ne peut avoir d'autres financements pour nos projets que nos propres capitaux, l'argent de la société mère ou des financements étrangers de certaines banques.» Il revendique son droit d'investisseur de bénéficier de crédits auprès des banques algériennes. Il réclame aussi de la main-d'œuvre et surtout «une administration qualifiée» pour ne pas dire que l'Algérie souffre de la bureaucratie et de l'incompétence.

 
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