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24-02-2008

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En annonçant que l'augmentation des salaires de la Fonction publique sera versée fin mars ou au plus tard début avril, le Chef du gouvernement a pensé ainsi apaiser des tensions sociales, dont les salaires n'en constituent qu'un facteur parmi tant d'autres essentiels. Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

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Et l'augmentation viendra en mars

par Ghania Oukazi

En annonçant que l'augmentation des salaires de la Fonction publique sera versée fin mars ou au plus tard début avril, le Chef du gouvernement a pensé ainsi apaiser des tensions sociales, dont les salaires n'en constituent qu'un facteur parmi tant d'autres essentiels.

Après avoir suscité la grogne des travailleurs, par l'annonce d'une vraie-fausse augmentation des salaires de la Fonction publique, le Chef du gouvernement recule et saute pour faire savoir que la préparation des statuts particuliers pourraient se faire tranquillement, sans pour autant empêcher une augmentation salariale d'être effective. Il a donc fallu presque une année, pour que Abdelaziz Belkhadem comprenne que l'acte de corriger une fiche de paie peut être effectué sans troubler le cheminement d'une révision des textes qui le codifie. Il y a à peine une semaine, le gouvernement a annoncé, par la voix de son porte-parole, le ministre de la Communication, Abderrachid Boukerzaza, qu'il avait pris des mesures exceptionnelles pour régler cette histoire d'augmentation de salaire. L'on pourrait comprendre depuis jeudi, que « ces mesures exceptionnelles » se résument à ce que vient de décider Belkhadem, à savoir verser ses augmentations sans attendre la finalisation de l'ensemble des statuts particuliers. Au caractère exceptionnel d'une chose, l'on doit associer en principe celui de remarquable ou de supérieur. Mais dans ce que vient de décider le Chef du gouvernement, on n'y voit pas grand-chose de ce niveau.

Par des attitudes d'improvisation et de précipitation, comme celles qu'il affiche et adopte pour régler des questions épineuses de réformes économiques ou sociales, le gouvernement montre, encore une fois, qu'il n'a pas les aptitudes requises pour s'ériger en tuteur légal de la Nation. La déclaration du secrétaire général du FLN faisant savoir qu'il y a eu installation d'une commission pour réviser le Code communal en est une autre de plus qui l'affirme. C'est en effet depuis de longues années, que le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des collectivités locales indique que c'est un travail qui tire à sa fin. Ce qui signifierait que des consultations auraient été entreprises avec l'ensemble des partis à cet effet. L'annonce de Belkhadem prouve tout à fait le contraire. Ce qu'ils ne disent pas tous les deux, c'est que la révision des Codes communal et de wilaya ne s'est encore faite en raison de profondes divergences entre Noureddine Yazid Zerhouni et son ministre délégué, Daho Ould Kablia. Chacun a sa propre vision de la collectivité locale et personne n'a réussi à arbitrer entre eux. Même si tout le pays pourrait en pâtir.

C'est un peu le même cas pour ce qui est de la révision des statuts particuliers. En la programmant, les représentants du gouvernement ainsi que ceux de l'UGTA n'ont pas pensé qu'ils allaient buter contre des difficultés qui les empêcheraient d'expédier le travail comme ils l'avaient prévu de le faire. Ils ont besoin de prendre en compte certaines réalités qu'ils se forcent à ignorer, malgré leur nécessité pour le bon fonctionnement du service public et du monde du travail en général. Parce qu'ils se doivent de savoir que cette même centrale syndicale, qui a été tout autant que les services du ministère du Travail à l'origine de l'élaboration de l'ancien statut de la Fonction publique, tous deux ne pourraient se détacher facilement de leurs anciennes visions à ce sujet, que s'ils acceptent de s'ouvrir et de les associer à des éléments nouveaux qu'impose aujourd'hui la réalité des choses. En premier, ils ne peuvent plus se prétendre comme seuls représentants des travailleurs, ne serait-ce que parce qu'au plan politique, l'UGTA, elle-même, fonctionne avec des courants divers et que le ministre du Travail est, lui aussi, militant du FLN, de surcroît membre de son instance exécutive. S'ils admettent que toutes les institutions de l'Etat soient irriguées par des courants politiques différents, l'on se demande pourquoi refusent-ils, comme le leur dicte la présidence de la République, que les syndicats autonomes soient associés au dialogue social, ceci pour une prise en charge élargie et approfondie des problèmes des travailleurs, toutes tendances confondues. A moins que ce soit par mesure de précaution, que cette même présidence de la République évite d'engager le pays dans un pluralisme syndical dont elle n'a pas encore les commandes en main. N'est-ce pas le Président Bouteflika qui, pour justifier la fermeture du paysage médiatique audiovisuel, a dit qu'il ne laissera pas répéter l'expérience de l'ouverture de la presse écrite qui a été faite, selon lui, d'une manière anarchique et irréfléchie. Admettre le pluralisme syndical pour assurer une plus grande représentativité des travailleurs, c'est, à suivre ce raisonnement du président, se projeter dans le néant. Et le « néant » signifierait aujourd'hui, bousculer l'ordre établi en sortant de la masse appelant à un troisième mandat présidentiel pour Bouteflika. Parions que si, demain, les syndicats autonomes élaborent une motion de soutien dans ce sens, ils seront les bienvenus dans toutes les institutions.          Et ni le Chef du gouvernement, ni le ministre de l'Intérieur ne lâcheront des brigades antiémeutes pour leur taper dessus avec une matraque et des ceintures US. A force de voir le pays péricliter, alors que ses gouvernants s'affairent à instrumentaliser la « société civile » pour appeler à un troisième mandat, l'on se retrouve toujours à rêver à des situations moins absurdes, loin de ce grand sarcasme.
 
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