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Le projet d'alimentation en eau potable de la ville de Tamanrasset, à partir d'In Salah, est indéniablement celui qui a poussé le chef de l'Etat à se déplacer dans la région parce qu'il avait promis sa réalisation aux habitants depuis 1999, date de sa première élection à la magistrature suprême.
«C'est un projet stratégique» a répété, hier, le chef de l'Etat lorsqu'il a procédé au lancement des travaux du transfert de l'eau potable pour Tamanrasset, à partir d'In Salah. Projet qui promet aux habitants de la capitale du Hoggar de recevoir de l'eau potable par le biais de la mobilisation et le transfert des eaux souterraines (nappe de l'Albien) de la région d'In Salah sur une distance de plus de 700 km et avec une capacité nominale de 100.000 m3/jour. Le ministre des Ressources en eau a expliqué au président que «les besoins en eau potable de la ville de Tamanrasset et des centres situés le long du transfert sont estimés à 90.000 m3/jour à l'horizon 2050». Abdelmalek Sellal précisera que «les ressources en eau nécessaires à la satisfaction de ces besoins sont mobilisables au niveau de deux champs captants. Un troisième sera délimité pour une éventuelle mobilisation complémentaire». Il est question que les deux champs captants mobilisent 50.000 m3. Au président d'interroger «pourquoi ne pas réaliser tout de suite 100.000 m3, pourquoi ne pas le faire tant qu'on a les moyens?» La réponse est vite donnée par un responsable de la direction des Ressources en eau de Tamanrasset: «si Monsieur le président, nous avons déjà délimité le champ et l'étude est en cours».
Le ministre ajoutera que «ce projet permettra de satisfaire des besoins d'exploitations minières le long du tracé et la création de centres de vie, tout au long de la transsaharienne. Bouteflika insistera sur le caractère stratégique du projet qui, par l'alimentation en eau potable de la région permettra, selon lui, de changer l'image du Sud. On lui fera savoir que «pour plus de sécurité», le projet est lancé en même temps qu'est entreprise la réhabilitation des réseaux d'assainissement de la wilaya.
Mahmoud Guemama, député FLN, nous disait dimanche que «si le FLN appelle à un troisième mandat parce que Bouteflika a honoré les engagements qu'il avait pris à notre égard en 1999. «Il nous avait promis de nous ramener de l'eau, les travaux sont lancés aujourd'hui, de nous construire une université, nous l'avons aujourd'hui, de procéder au revêtement des routes, c'est fait et de nous permettre l'exploitation des richesses de notre sous-sol, nous exploitons l'or à Tinzaouatine d'où chaque jour, un avion en ramène des tonnes», a-t-il noté. «Où va l'or?» lui demandons-nous. «A Agénor... je ne sais pas...» répond-t-il hésitant.
«TAHIA THALITHA »
Avant cette halte, Bouteflika a baptisé l'aéroport Aguenar de Tamanrasset du nom de Bey Ag Akha Mokh, notable, membre influent d'une tribu de la région. C'était juste à son arrivée, hier à 10h30, accompagné de 14 de ses ministres. Il l'a fait sous les sons terguis que des troupes folkloriques sont venues jouer. Khalida Toumi, la ministre de la Culture se fera un plaisir de se mettre juste devant le groupe des danseurs terguis et de suivre leur rythme en tapant dans les mains.
Bouteflika inaugurera plus tard l'université Hadj Moussa Akha Mokh, du nom du député de la wilaya, décédé en 2005. Il le fera, avec à ses côtés, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Rachid Harraoubia, qui reprenait ses activités après une absence de plusieurs mois pour des raisons de santé. Conçue pour 2.000 places pédagogiques, elle ne reçoit depuis 2 ans que 685 étudiants et ne dispense que les cours de 2 branches d'études.
Youyous, applaudissements, sifflements, cris. Tout est fait pour accueillir celui qu'on qualifie de «l'homme de la providence». Des foules denses se sont regroupées tout au long de la grande artère de la ville. Foules que de nombreux policiers retenaient de force pour ne pas déborder sur le cortège présidentiel. Au fur et à mesure que Bouteflika avançait à pas cadencé, elles se faisaient briffer par ce qui semble être un chauffeur -du verbe chauffer- de foules qui leur demandait de scander «un troisième mandat».
Au niveau d'un groupe d'écoliers, la revendication ne sera pas très bien saisie. A défaut un «Tahia thalitha» était répété avec joie par les enfants. Le «DJ» du président comme s'est plaît un confrère à l'appeler, avait quelques difficultés à se faire entendre, les cris étant stridents. Mais habitué qu'il est à «manoeuvrer» les voix, il restait d'un calme olympien.
Mohamed Salah, c'est son nom, est président de l'association de la société civile.
«ILS SAVENT TRES BIEN QU'ICI,
IL N'Y A PAS DE TRAVAIL»
Tamanrasset était, depuis quelques jours, bien quadrillée. Des renforts de police de plusieurs wilayas ont été ramenés.
Dimanche, les aéroports de Tam et de In Salah étaient de couleur bleue tellement les contingents des éléments des unités républicaines de sécurité (URS) sont venus nombreux des régions du Nord. Il faut dire que pas très loin, aux frontières avec le Niger et le Mali, les choses ne vont très bien et ne sont pas très nettes. Les habitants de la région se plaignent des descentes des services de sécurité qui les empêchent d'écouler leurs marchandises chez les populations voisines. «Ils savent très bien qu'ici il n'y a pas de travail et les gens ne vivent que de commerce et surtout de troc, alors pourquoi faire subir des sanctions pénales à ceux qui le font?» lance un commerçant d'un quartier de la ville qui cache mal sa misère.
Arrivé au stade de la ville, le président assistera à quelques démonstrations sportives et comme dans son habitude, il ne se privera pas de toucher au ballon en y donnant quelques coups de têtes avec, en face, un jeune enfant. Du coup, ne fusaient des hauts-parleurs que des voix appelant à un troisième mandat. Cette revendication sera, le temps d'une visite présidentielle, la seule qui sera exprimée à très haute voix. Aujourd'hui, Bouteflika visitera In Salah pour procéder au lancement des travaux de l'alimentation en eau potable de Tamanrasset à partir d'un autre point.
Il supervisera, en même temps, les travaux de la transsharienne et d'autres projets en cours de réalisation. (Voir le Quotidien d'Oran du lundi 07 décembre 2007). Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales a promis aux représentants de la presse de leur animer un point de presse, aujourd'hui, à la fin de la visite du président, à In Salah.
Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux sera pris en aparté par les journalistes pour être interrogé sur les Algériens prisonniers à Guantanamo. Il fera savoir qu'une délégation composée de représentants de la présidence de la République et d'autres du ministère des Affaires étrangères, s'est déplacée, dernièrement, à Guantanamo pour discuter avec les responsables américains sur le sort de ces Algériens. Il précise que les Américains n'ont posé aucune condition pour leur transfert vers l'Algérie, leur pays d'origine. A propos de ceux d'entre eux qui refusent de l'être comme c'est le cas de Belbacha qui a introduit en justice l'affaire de son transfert vers l'Algérie, Tayeb Belaïz a déclaré que ces prisonniers sont libres de choisir le pays vers lequel ils veulent être transférés.
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