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Belkhadem revient sur le troisième mandat de bouteflika Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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10-12-2007

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« En politique, il n'y a pas de hasard. La politique c'est des calculs, c'est des objectifs précis», répondait le secrétaire général du FLN Abdelaziz Belkhadem à un journaliste qui lui demandait, samedi, dans l'émission Forum de l'ENTV, si la sollicitation en choeur de l'UGTA, de l'UNJA, de l'ONEC de l'ONEM et de l'UNPA d'un troisième mandat pour le président Abdelaziz Bouteflika et une révision de la Constitution étaient le fruit du hasard.

Cela vaut aussi bien, pour le choix du timing qui, manifestement, devrait donner à la faveur des élections et de la visite du chef de l'Etat français en Algérie l'amplitude nécessaire à un projet que le FLN a pris à bras le corps. Loin de s'en défendre, Belkhadem en revendique au contraire au nom de son parti la paternité avec l'argument qui voudra que « ne pas permettre à quelqu'un de se présenter à une élection c'est entraver la pratique démocratique ». Sur ce point précis, il estime que sauter le verrou de la limitation de mandat ne peut être assimilé à un recul de la démocratie, puisque celle-ci reste avant tout l'expression de la volonté populaire. Il en voudra pour preuve, le nombre très réduit de pays dans le monde qui limitent la présidence de l'Etat à un ou deux mandats. Il citera en ce sens, entre autres, la longévité au pouvoir de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Poussant encore plus loin cette logique, Belkhadem insistera à dire que c'est au peuple de décider si Bouteflika doit se présenter à une nouvelle élection présidentielle, et c'est encore à lui de décider si ce dernier sera encore une fois son président. Insistant, fort à propos, sur la nuance, l'invité de l'émission de l'ENTV prendra soin de préciser que la première force politique du pays « n'a pas annoncé la candidature de Bouteflika à la prochaine élection présidentielle, mais a sollicité ce dernier à briguer un troisième mandat». Ce qui n'empêchera pas Belkhadem de déclarer «nous souhaitons que le président soit le candidat du FLN». Non sans souligner dans cette même veine que le président de la République est aussi le président du FLN.

Sur la révision de la Constitution, le S.G de l'instance exécutive du FLN s'est montré également fort disert. D'abord pour remettre certaines pendules à l'heure en soutenant que son parti « n'a jamais proposé un poste de vice-président » dans l'avant-projet de révision constitutionnelle qui a plutôt vocation d'apporter des solutions au bicéphalisme qui prévaut actuellement à la tête de l'Etat qualifiant la situation d'anormale. Il parlera alors de régime présidentiel et d'un Premier ministre pour signifier la nécessité de définir les attributions de chacun. « La révision de la Constitution relève constitutionnellement des attributions du président de la République », dira Belkhadem qui devait ajouter qu'elle peut aussi bien être soumise à référendum qu'à l'adoption du parlement. Tout dépendra, expliquera-t-il, de la nature du contenu, des objectifs... de cette révision. Dans la seconde hypothèse, le FLN aura besoin de « coalition », dira l'orateur, car son adoption exige les deux tiers des voix du Parlement.

PAS DE CONTROVERSE SARKOZY !




«Il n'y a pas eu de controverse lors de la visite du président français Nicolas Sarkozy », répondait tout de go Belkhadem qui estimait qu'il « s'agissait plutôt d'une amplification médiatique qui ne reflétait pas la situation politique ». Explications du secrétaire général du FLN : Sarkozy a été entouré de tous les égards, car il était l'invité du chef de l'Etat. Les relations entre l'Algérie et la France sont des relations d'intérêts. Aux deux pays de capitaliser cette relation au mieux des intérêts de leurs peuples respectifs. C'est ainsi que Belkhadem résume le réalisme des deux chefs d'Etats, sans pour autant évacuer le contentieux historique qui empoisonne toujours les relations algéro-françaises. L'invité de l'émission de l'ENTV commence par recadrer le colonialisme dans le reflet qu'il renvoie toujours aux Algériens. « Le colonialisme a commis des crimes. Il doit payer », dira Belkhadem pour préciser que le FLN demande des excuses officielles. En ce sens, il estimera qu'il y a une évolution dans la position française.

Rappelant que Nicolas Sarkozy avait d'abord refusé de présenter des excuses lors de son premier voyage de juillet en Algérie, arguant que les enfants n'ont pas à s'excuser des fautes commises par leurs parents. Ensuite, ajoutera l'orateur, le président français a par deux fois à Alger et Constantine reconnu les méfaits du colonialisme. Ce qui fera dire à Belkhadem que c'est « un début de reconnaissance des crimes commis par le colonialisme». «Est-ce suffisant ?», «Chez certains c'est suffisant», répond-il faisant référence à certains intellectuels de l'autre rive. Mais, pour mieux souligner que « chez la majorité des Algériens, la reconnaissance ne suffit pas».

 De retour d'Algérie, Nicolas Sarkozy reçoit les Harkis. Qu'en pense Belkhadem ? « Je n'ai pas d'avis à donner. C'est un président français qui a reçu des Français » dira-t-il.

Par ailleurs, il réfutera l'idée d'un recul des partis islamistes dans certains pays arabes et même s'il fait usage avec les guillemets des termes « laïcs », « islamistes », « nationalistes », il affirme ne pas souscrire à une telle catégorisation. Quand il abordera la moralisation de la vie publique, il mettra en avant l'avant-projet de la révision constitutionnelle, mais en estimant toutefois que la lutte contre la corruption est l'affaire de chaque Algérien. « Ce n'est pas une affaire de partis, d'institutions, il faut une synergie pour la lutte contre la corruption », dira Belkhadem. Et d'ajouter que ce ne sont pas les mécanismes qui manquent, il faut développer une culture de civisme. La société civile reste ce gros point d'interrogation pour le S.G du FLN. « Je cherche une définition convaincante », devait—il dire pour mieux s'interroger sur ce qu'on entend exactement par société civile. Parlant des collectivités locales et de la nécessité de leur octroyer plus de prérogatives, Belkhadem annoncera qu'un mini-conseil ministériel se penchera dès la semaine prochaine sur la question de doter les APC de moyens humains (recrutement de plus d'un millier d'ingénieurs, d'architectes, de techniciens) et de moyens financiers, en attendant que le projet de loi communale et de wilaya soit étudié en Conseil du gouvernement, en Conseil des ministres et devant le Parlement. Interpellé sur la gestion des collectivités locales, particulièrement en référence aux dernières intempéries qui ont vu des personnes mourir, des ponts détruits et des maisons effondrées, Belkhadem dira que les auteurs de manquements rendront nécessairement des comptes. Belkhadem estime que l'état d'urgence ne s'oppose pas au processus démocratique car il n'entrave ni les libertés individuelles, ni les libertés collectives. « L'état d'urgence ne sert qu'à favoriser la mobilisation des troupes de l'ANP dans la lutte contre les groupes terroristes». Le secrétaire général du FLN entrevoit le projet de l'Union méditerranéenne à travers ce qu'il ajoute de plus au processus de Barcelone.

Interrogé sur l'intégration d'Israël dans cette Union méditerranéenne, Belkhadem répondra: «le processus de Barcelone intègre aussi Israël».

 
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