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Union pour la Méditerranée: Arabes et Israéliens côte à côte

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Le projet d'Union pour la Méditerranée du président français Nicolas Sarkozy aura-t-il la faculté de booster le processus de paix entre Palestiniens et Israéliens ? La question mérite d'être posée, aujourd'hui plus que jamais, après l'accord global qui s'est dégagé hier mardi à Marseille quant à la gouvernance au sein de l'UPM.

Contre toute attente, Arabes et Israéliens, ayant la Méditerranée en partage, sont tombés d'accord pour coopérer au sein de cette UPM. Les Arabes de la Méditerranée n'ont pas fait d'objection à ce que l'un des cinq postes d'adjoints au secrétariat général soit dévolu à l'Etat hébreu. En contrepartie, les négociations au sein du conseil ministériel ont abouti à un autre compromis : la Ligue arabe a été admise en tant que membre à part entière de l'UPM, un acquis arraché par les pays arabes contre la présence d'Israël au sein de l'Union.

A Marseille, la ville espagnole de Barcelone a été également officiellement désignée pour abriter le siège du SG de l'Union, après le désistement de la Tunisie en dernière minute, malgré le soutien de la France et alors que ce siège devait échoir à un pays du Sud. Les Tunisiens commencent-ils à faire dès maintenant des concessions pour faire plaisir aux pays du nord de la Mare Nostrum pour quelques avantages inavoués ? Pour le moment, les Espagnols, ravis de remporter le siège du secrétariat général, ont définitivement enterré le processus de Barcelone, proposant dorénavant l'appellation d'Union pour la Méditerranée.

Par ailleurs, trois postes d'adjoints au secrétaire général iront à des pays européens, un à Israël et un pour un pays du Sud, selon le compromis auquel sont parvenus dimanche les chefs de la diplomatie des pays méditerranéens.

Mais, l'accord global qui a sanctionné cette réunion ministérielle, même s'il a levé beaucoup de cailloux sur la voie de la création d'une future UPM, reste tributaire d'un certain nombre de facteurs pour un fonctionnement normal de cette Union. Car les chefs d'Etat et de Gouvernement, le 13 juillet à Paris lors du lancement officiel du projet du président français, n'étaient pas tous d'accord sur l'orientation (politique) de l'UPM. D'autant que certains y voyaient une autre manière de rapprocher un peu plus Israël de l'Europe, via un projet qui inclurait les autres pays riverains. En outre, le projet du Président enterre définitivement le processus de Barcelone, un mécanisme qui avait, en 1995, lors de son lancement, été pompeusement adopté par les pays méditerranéens et qui devait préluder à la mise en place d'une vaste zone de libre-échange et d'un espace géographique de paix et de sécurité, avec comme toile de fond le règlement du dossier de décolonisation au Sahara Occidental, une ancienne colonie espagnole. L'UPM, qui aura son siège à Barcelone et dont le secrétaire général sera connu prochainement, constitue-t-elle le point de départ pour la recherche de solutions courageuses autant pour le règlement du conflit israélo-arabe, et donc concrétiser dans les faits le processus de paix entre Palestiniens et Israéliens, que pour la décolonisation du Sahara Occidental ? Car la profondeur politique que veut donner cette UPM à la région, en prélude aux projets socio-économiques, ne peut se concevoir sans la paix et la sécurité, tributaires autant de la volonté d'Israël que du Maroc de ne plus se comporter comme des puissances coloniales et de vivre en paix avec leurs voisins. Le reste, tout le reste, viendra tout seul.
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